Coffrets d’artiste #2 GUERRIERS

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Jean-Charles Taillandier – Guerriers 11
états gravés et collages sur Japon, format 24,5 x 24,5 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 8
états gravés et collages sur Japon, format 23,5 x 29 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 9
états gravés et collages sur Japon, format 24 x 24 cm.
exemplaire unique.

Douze variations sur papier composent ce coffret GUERRIERS. Elles sont issues d’une expérience graphique qui a pour origine trois portraits  originaux  gravés sur cuivre à l’eau-forte et aquatinte,  de format moyen 33×24 cm.  Chaque variation est ici unique, indépendante de tout tirage numéroté conventionnel.
Les planches ont été soumises à des expériences diverses d’encrage en creux ou en relief sur différents papiers, si bien que je disposais à la longue d’une « matière première » que je travaillais à ma guise par esquisse, collage ou déchirures partielles. C’est une méthode qui prête une image en gestation à une part d’aléatoire et de jeu, d’où peut surgir l’inattendu.

Jean-Charles Taillandier – Guerriers 3
états gravés et collages sur Japon, format 23,5 x 29,5 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 5 et 4
états gravés et collages sur Japon, chacun format 24,5 x 25,5 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 1
pastel, peinture et collages sur état gravé , format 26 x 35 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 2
pastel, peinture et collages sur état gravé , format 25 x 33 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 6
états gravés et collages sur Japon, format 25,5 x 25 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 12
états gravés et collages sur Japon, format 24 x 32 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 7
pastel et crayon sur état gravé , format 24 x 33 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 10
état gravé avec collages , format 23 x 30 cm.
exemplaire unique.
Douze variations sur papier composent ce coffret GUERRIERS.
 Chaque variation
est unique, de format moyen 33×24 cm,
sous forme d’esquisse effectuée sur état gravé
ou fragments collés.


Le coffret a été réalisé avec la collaboration
de  Atelier 4 Reliure, Jarville-la-Malgrange.

Dimensions externes du coffret : 35 x 52 x 3,5 cm.
 

Année 2025.
 
EXEMPLAIRE UNIQUE

À découvrir aussi

Coffrets d’artiste #3 FIGURES HUMAINES

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Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 2
crayon et fusain sur état gravé, format 23 x 28,5 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 1
crayon, encre et fusain sur état gravé, format 24 x 32 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 3
crayon, collage et fusain sur état gravé, format 24 x 32 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 6
crayon et collage sur état gravé, format 23 x 28,5 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 7
collage sur état gravé, format 25 x 25 cm.
exemplaire unique.

Ce coffret rassemble onze variations à exemplaire unique sur la thématique du portrait. Elles ont pour base de travail des états de tirage de plusieurs portraits gravés sur cuivre à l’eau-forte et aquatinte, d’un format moyen de 30×24 cm.
Chacune de ces variations trouve prétexte à projet de portrait imaginaire, avec recours au crayon, encre, collages ou déchirures sur la base d’une surface encore informelle .

Jean-Charles Taillandier 
En vis à vis :
(G) plaque de cuivre gravée pour Guerrier 3, format 23 x 29,5 cm.
(D) : plaque de cuivre gravée pour Figures Humaines 3, format 23 x 28,5 cm
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 4
crayon et fusain sur état gravé, format 24 x 32,5 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 5
crayon, fusain et encre sur état gravé, format 24 x 28,5 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 9
collage sur état gravé, format 22 x 22 cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 10
collage sur état gravé, format 23,5 x 29cm.
exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 11
collage sur états gravés, format 26 x 29,5 cm.
exemplaire unique.
Onze variations sur papier composent ce coffret FIGURES HUMAINES.
 Chaque variation
est unique, de format moyen 24 x 30 cm,
sous forme d’esquisse et collages sur états gravés.

Le coffret a été réalisé avec la collaboration
de  Atelier 4 Reliure, Jarville-la-Malgrange.

Dimensions externes du coffret : 35 x 52 x 3,5 cm.
 

Année 2025.
 
EXEMPLAIRE UNIQUE

À découvrir aussi

Variations Érasme

Jean-Charles Taillandier – Variations Érasme
esquisse au crayon sur état gravé, format 24×28 cm
Holbein le Jeune (copie d’après), Portrait d’Érasme, les mains posés sur un livre (vers 1600-1700), Musée du Louvre.

Dans mon article précédent « Portraits épars » j’évoquais la part de hasard et de spontanéité guidant ma plume ou crayon sur le papier. De même en gravure à l’eau-forte, il est enthousiasmant de laisser la part belle à la première morsure. Griffer la plaque de cuivre vernie au hasard d’un élan spontané, la balafrer, quitte à la mettre à nu par endroits… Avant de la plonger dans le bain d’acide qui fera son travail aveugle d’acide, révélant bientôt un relief improbable de creux, meurtrissures et sillons sur le plat lisse du métal. La révélation pleine de promesses d’une idée, d’un motif, surgira (ou pas) de ce désordre. C’est tout un alphabet que déchiffrera l’œil sur le premier tirage papier. Il suffira d’un trait pour amorcer un contour ou d’une empreinte pour donner l’amorce d’une forme. Des pourtours se cherchent sous le crayon furtif et les coups de gomme, puis donnent peu à peu épaisseur à ce vide. Ce n’est qu’à ce moment-là que surgit alors l’intuition de portrait, de buste d’homme, ou plutôt l’apparence de portrait car la présence corporelle en devenir ne sera que la trace d’elle-même. Et puis d’affirmations en repentirs, elle s’affirme peu à peu : c’est un homme sorti du temps, engoncé dans son manteau et coiffé d’une sorte de tricorne. Il se tient face à nous, j’en souligne les contours autour d’un arrière-plan plus sombre.

Une nouvelle étape de bain d’acide affinera le pourtour du nez, les yeux, la bouche. Le personnage s’affirme dans ses traits, se singularise à ma main, et à mon désir. J’y entrevois la réminiscence d’une peinture autrefois admirée : le portrait d’Érasme peint par Holbein le Jeune, ce peintre et graveur de la Renaissance nordique dont l’œuvre m’impressionna par sa virtuosité, son élégance… Impressionner, c’est le mot, cette peinture aurait impressionné une strate de ma mémoire. Se peut-il que notre inspiration soit si dépendante de nos souvenirs ?

Appelons donc Érasme ce personnage sorti de l’ombre. Désormais trace ténue d’un souvenir, il n’est plus soumis aux impératifs de la vraisemblance, puisqu’il n’est sujet qu’aux caprices de mon imaginaire. L’apparition de ce buste devient jeu, et je peux le modeler à ma guise et donner une épaisseur à ce vide.
C’est une expérience de gravure où la plaque est d’étape en étape soumise à une nouvelle morsure à l’acide, dont un unique tirage sur papier conservera la trace, jusqu’à l’usure. Mais c’est fondamentalement plus encore une expérience de dessin dans sa manière où s’affirme cette présence.
Voici ci-dessous le second état gravé, accompagné de cinq Variations Érasme.

Jean-Charles Taillandier – Variations Érasme (cliquer sur l’image).
de g. à dr. : esquisse au crayon sur état gravé, format 24×28 cm / Variations Érasme 10 / 7 / 6 / 11 / 2
gravures sur cuivre – exemplaire unique, format 25×25 cm.
Jean-Charles Taillandier – Autres variations : profil 1 – fragments gravés, collages -exemplaire unique, format 25×25 cm.
(cliquer sur image)

Et puis, les années passant, je retrouvais dans un carton des fragments papier épars de ces variations laissées en jachère. Car était venu le moment où le regard s’use sur le même ouvrage, par crainte de redondance ou d’aspiration à de nouveaux espaces.
Alors, dans un regard neuf, je reprends contact avec ces figures de l’ombre, l’Érasme familier, et d’autres encore, mais dans un esprit plus libre. Je privilégie le format carré que j’affectionne particulièrement en associant par collage des fragments venant de multiples sources (par exemple des tirages d’essai de la série « Portraits d’outre temps » que je viens d’achever).

Jean-Charles Taillandier –  Variations Érasme 1
fragments gravés, collages -exemplaire unique, format 25×25 cm.
Jean-Charles Taillandier –  Variations Érasme 9
fragments gravés, collages -exemplaire unique, format 25×25 cm.
Jean-Charles Taillandier –  Variations Érasme 8
fragments gravés, collages -exemplaire unique, format 25×25 cm.
Jean-Charles Taillandier – Autres variations : le songe
esquisse au crayon sur état gravé, format 24×28 cm
Jean-Charles Taillandier –  Autres variations : le songe 17
fragments gravés, collages -exemplaire unique, format 25×25 cm.
Jean-Charles Taillandier – Autres variations : la Jeanne
esquisse au crayon sur état gravé, format 24×28 cm
Jean-Charles Taillandier – Autres variations : la Jeanne
1er état gravé (détail), format 25×25 cm
Jean-Charles Taillandier – Autres variations : la Jeanne 15 et 18 (cliquer sur image).
fragments gravés, collages -exemplaires uniques, format 25×25 cm.
Jean-Charles Taillandier – Autres variations : Soldat 9 et 8 (cliquer sur image)
fragments gravés, collages -exemplaires uniques, format 25×25 cm.
Jean-Charles Taillandier – Autres variations : Soldat 21
fragments gravés, collages -exemplaire unique, format 25×25 cm.
Jean-Charles Taillandier – Autres variations : père et fils
esquisse au crayon sur état gravé, format 24×28 cm
Jean-Charles Taillandier – Autres variations : père et fils 14 et 13 (cliquer sur image).
fragments gravés, collages -exemplaires uniques, format 25×25 cm.

Portraits épars

Jean-Charles Taillandier« Portrait épars 6 »
encre, fragments gravés, collages, format 30×30 cm.
Jean-Charles Taillandier« Portrait épars 1 »
encre, fragments gravés, collages, format 30×30 cm.
Jean-Charles Taillandier« Portrait épars 17 »
encre, fragments gravés, collages, format 23,5×23,5 cm.
Jean-Charles Taillandier« Portrait épars 8 »
encre, fragments gravés, collages, format 30×30 cm.

GALERIE 1 – clic sur l’image
Jean-Charles Taillandier – « Portraits épars 7, 11, 14 »
encre, fragments gravés, collages, format 30×30 cm.

Jean-Charles Taillandier« Portraits épars 2 / 3 »
crayon, fragments gravés, collages, format 30×30 cm.

GALERIE 2 – clic sur l’image
Jean-Charles Taillandier« Portraits épars 4, 9, 15 »
encre, fragments gravés, collages, format 30×30 cm.

Jean-Charles Taillandier – « Portrait épars 5″
encre, fragments gravés, collages, format 28×30 cm.
Jean-Charles Taillandier – « Portrait épars 10« 
encre, fragments gravés, collages, format 30×30 cm.
Jean-Charles Taillandier – « Portrait épars 16« 
encre, fragments gravés, collages, format 30×30 cm.
Jean-Charles Taillandier – « Portrait épars 17« 
encre, fragments gravés, collages, format 30×30 cm.
Jean-Charles Taillandier – « Portrait épars 13« 
encre, fragments gravés, collages, format 30×30 cm.

Offrande à la belle florentine

Jean-Charles Taillandier,  Offrande à la belle florentine
Inspirée de Portrait de Constanza Ghilandaio, peint par Ridolfo del Ghirlandaio, huile sur panneau, 1564, collection privée.
Tirage final sur papier Fabriano ivoire.

Cette gravure, Offrande à la belle florentine, est la plus récente de la série Entre Elles.
Elle est inspirée d’une peinture qui a fait l’objet d’un commentaire sur le net en mars 2020 (voir l’article), sous le titre Portrait de Constanza Ghilandaio, peint par Ridolfo del Ghirlandaio, huile sur panneau, 1564. C’est le portrait en buste d’une belle et noble florentine, au regard profond et lointain. Elle est coiffée d’une tulle légère et vêtue d’une robe noire au léger décolleté blanc. Elle a les bras repliés à hauteur de la poitrine et tient dans sa main gauche un tissu brun et blanc, tel un mouchoir de dentelle.

Elle adresse à nous, lointains spectateurs, ce regard perdu et interrogateur; j’ai pensé qu’il pourrait avoir pour cause un objet étrange et inconnu de son monde, qu’elle serre dans sa main gauche : une tablette graphique, par exemple… Une jeune fille d’aujourd’hui, à l’ample chevelure frisée, est présente à ses côtés. Elle lui a tendu l’objet et l’encourage de son geste à accepter l’offrande. Tel un cadeau d’accueil dans un univers qui transcende les temps.

Un croquis au stylo sur papier calque au format de la planche (50 x 50 cm – ci-dessous) en a défini la composition générale. Retranscrit sur la surface blanchie de la planche, le trait a guidé, en étapes successives, le travail de gravure en taille d’épargne sur le bois, jusqu’à un premier tirage de la matrice sur le plateau de la presse (avec encore par la suite d’autres menues corrections).
C’est pour moi un beau moment d’émotion de découvrir une image longuement méditée.

Tout naît d’un regard…

Cette suite gravée sur bois a pris forme sous le concept de la thématique unique du portrait féminin :
– Mettre en invraisemblable présence une femme d’un passé révolu aux côtés d’une femme d’aujourd’hui,
– Ou projeter dans notre univers contemporain une femme du passé dont l’anachronisme sera trahi par un simple détail (objet, détail vestimentaire ou singularité gestuelle).
Comment traduire par l’image ce hiatus et l’incohérence d’une telle situation qui ne sont concevables que sous l’angle de l’imaginaire ? Il me fallait donner corps et vraisemblance à l’intimité de leur présence. J’ai imaginé le regard de ces femmes empli d’un sentiment d’égarement, de solitude, mais aussi de bienveillance l’une envers l’autre.
Comment définir cet instant de stupéfaction qui met en étroite relation des êtres confrontés à la barrière du temps ? Dans ce moment étrange, nulle amorce de conversation verbale ne peut briser le silence… Et d’ailleurs dans quelle langage commun ?

S’amorce alors une petite mise en scène à un ou deux personnages dans leur cadre de papier. Elle demande à définir d’abord le choix des protagonistes : mes photographies personnelles, documents familiaux et dessins, ont inspiré les modèles féminins contemporains. Leurs consœurs lointaines peuplent par milliers les collections des musées, facilement accessibles grâce à leurs bibliothèques numériques. Leurs portraits peints ou gravés traduisent l’appartenance à leur époque ou à leur rang, induisent leur façon de se vêtir, se coiffer… de se mettre en évidence.
Je dois avouer que mon choix de sélection dans les collections, susceptible de servir mon projet plastique, a eu valeur très subjective. Métamorphosé en mon langage de graveur, il n’a pour finalité que de rendre vraisemblable un court instant de rencontre impossible.

Jean-Charles Taillandier,  Série Entre Elles, Portrait de femme à l’écharpe.
Inspirée de Isabelle 1ere de Lorraine, huile sur toile, par Ambito Fiorentino,
Galerie des Offices, Florence.
Bas :Travail préparatoire sur la planche gravée, 50 x 50 cm, année 2022.

Je vous présente ci-dessous plusieurs gravures représentatives de la suite Entre Elles.

Format de chaque planche : 50 x 50 cm – Tirage sur feuille Fabriano Pergamon au format 60 x 66 cm.
Tirage prévu à 15 exemplaires + 1 exemplaire de tête.
La série, amorcée dès l’année 2021 n’est pas close. De belles découvertes sont toujours possibles dans la richesse infinie des collections.
C’est une démarche évolutive, balisée par plusieurs articles en ligne de ce blog  :
Toute figure est un monde
Propos d’atelier sur « Entre Elles », une suite gravée
Trois variations sur Catherine

Invitation à une soirée Halloween
Inspirée d’une gravure de Claude Mellan, Portrait de Jeune fille, 1626
Donation Jacques Thuillier, musée des beaux arts, Nancy.
Le chandail de Mademoiselle Le Gras
Inspiré d’une gravure (G. du Change sculpt.), Mlle Le Gras, supérieure de la compagnie des filles de la Charité, vers 1640.
Donation Jacques Thuillier, musée des beaux arts, Nancy.
Catherine au tour du cou
Inspirée d’une peinture de Corneille de Lyon, Portrait de Catherine de Médicis, vers 1536,
Collection Pollesden Lacey, Surrey, Angleterre.
Une combattante
Face à face
Inspirée d’une peinture de l’Ecole flamande, Dame Bonne d’Artois, duchesse de Bourgogne,
Stadtliche Museen, Berlin.
Jeune femme au smartphone
Inspirée d’une peinture de Giuliano Bugiardini, Portrait de femme,
Palais Dorotheum, Vienne.
Le cri
Inspirée d’une peinture de Sandro Botticelli, Portraitd’Alfonsina Orsini,
Galerie Palatina, Florence, Italie.
Double portrait au livre
Couple
Inspirée d’une peinture d’Antonio Moro, Portrait de Catherine de Castille, XVIe siècle,
Musée du Prado, Madrid.
 Chut ! 
Inspirée d’une peinture d’Antonio Moro,  Portrait de Catherine de Castille , XVIe siècle,
Musée du Prado, Madrid.
Double portrait à la pomme.
Inspiré d’une peinture Renaissance italienne (?)
Questionnement
Inspirée d’une peinture de Pourbus l’Ancien, Portrait de femme, vers 1600,
Musée de Grenoble .
Chuchotements
Inspirée d’un autoportrait d Katarina von Hemessen non daté (vers 1550),
Bower Museum, Barnard castle, Angleterre.

Imaginaire des confins

Jean-François Laurent, L’homme de la Mancha – bronze, longueur 50 cm.

L’Espace d’exposition des Ateliers du canal, à Nancy présente les sculptures récentes de Jean-François Laurent et mes gravures murales marouflées sur toile *. La sculpture « L’homme de la Mancha » traduit bien l’esprit que nous souhaitons donner à cette exposition commune .
Au vœu archaïque et démiurgique du sculpteur de trouver sa forme dans le bronze et le feu répond pour le graveur la quête du trait dans l’acide et le cuivre au service de son imaginaire.

J’ai fait le choix d’exposer mes gravures murales et plusieurs autres d’une même esthétique, toutes par nature à exemplaire unique. L’initiative de ces travaux graphiques m’est venue il y a quelques années en retour d’un voyage à Lisbonne où j’y découvrais dans un musée ces vastes cartes marines sur parchemin, appelées portulans, gravées à l’époque du Moyen Âge et de la Renaissance. Ces cartes de géographie étaient représentatives du monde d’alors . Elles guidaient les voyageurs aux confins des horizons et des océans, jusqu’aux limites des mondes explorés. Au-delà de ces territoires étaient l’inconnu, l’informulé : tout un espace encore vierge sur le papier que dessinateurs et savants peuplaient de leur imaginaire : plantes, créatures, fleuves et animaux fabuleux… Tout un espace ignoré aux confins des terres lointaines, un monde encore à naître… J’y voyais une métaphore de la page blanche sur laquelle on trace son trait de crayon, toujours plus loin, dans un élan à poursuivre sa route avec l’étrange sentiment de ne pas savoir toujours où elle mène.

* Exposition du 22 septembre au 15 octobre 2023. Voir plus bas.

Jean-François Laurent, Éco-logique, bronze, hauteur 30 cm.
Jean-Charles Taillandier, Utopia, gravure et collages, 100 x 100 cm.

Les sculptures de Jean-François Laurent sont portées vers une célébration de l’humain, où domine la figure longiligne de l’homme et de la femme, en bloc monolithique dressé vers le ciel, ou traversé par le vide en son milieu.

Dans un article précédent (voir Jour de coulée), je rapportais ma visite à son atelier mosellan, un jour qu’il coulait lui-même ses sculptures d’après la technique de la cire perdue. C’est un long processus de création qui a traversé les âges, du modelage à la fonte, jusqu’à la phase délicate de la patine qui donne à l’œuvre sa peau et ses reflets. Le sculpteur partage ainsi avec le graveur, chacun dans leur langage propre, une tradition de gestes et de dialogue intime avec la matière.

Jean-Charles Taillandier, suite « Mille manants », panneau mural 1et 2
xylographies sur papier marouflés sur toile de lin, format 150 x 400 cm.

CLIQUER sur l’image pour visionner la gravure murale dans son intégralité.

J’avais déjà tenté l’expérience de la gravure murale dans une autre circonstance, en exploitant le langage rugueux de la gravure sur bois. L’expérience avait consisté à représenter un attroupement d’hommes sous le subterfuge d’une reproduction multiple d’un personnage cloné tout droit sorti de l’imagerie du quinzième siècle propre à Martin Schongauer. La gravure murale, longue au total de quatorze mètres, en sept fragments, utilisait les ressources d’une seule planche gravée à la gouge. ( voir article Mille manants). 
Ici, les gravures murales de la série Portulans ne reprennent pas ce procédé itératif d’impression. L’image est pensée et construite par assemblage de huit feuilles de papier distincts associés à d’autres fragments gravés. Je dis « fragments » car il s’agit bien de portions de gravures précédemment imprimées mises de côté parce que simples tirages d’essai abandonnés, ou en réserve pour des travaux futurs. Ils constituent dans un tiroir ma « banque de données ». La toile de lin consolide et sert de support à la composition d’ensemble à la manière d’une tapisserie. Je me fie au hasard des découvertes heureuses et des improvisations fructueuses.

Soit par exemple l’effet fortuit des empreintes dues à l’écrasement d’herbes et de végétaux sur une plaque de zinc. Les amis graveurs sont familiarisés avec cette technique ancienne du vernis mou qui emprisonnera dans le métal nervures et feuillages. Laissez reposer cette fossilisation de formes creusées par l’acide jusqu’à chasser de votre mémoire l’épisode de cueillette champêtre… Vous abandonnerez la plaque dans un recoin de l’atelier, et un jour, la saisissant par un bord ou un autre, vous y découvrirez l’estuaire, les pistes qui mènent aux montagnes ou à la mer ou au désert. Quitte à explorer plus loin ce creux né d’un acide trop gourmand, propice à toutes les aventures, et que le langage désespérément incongru de la gravure appelle un « crevé ».

Jean-Charles Taillandier, Paysage vert, gravure avec empreintes, et collages, 100×100 cm.

Jean-Charles Taillandier, Portulan 1
gravures et peinture marouflées sur toile, chacune 100×200 cm, exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier, Portulan 2
Jean-Charles Taillandier, l’échelle de Jacob
gravures et peinture marouflées sur toile, 150×150 cm, exemplaire unique.
Jean-François Laurent, Tentation, bronze, hauteur 35 cm.

La matière a ses lois. Le sculpteur est l’instigateur et le témoin d’un grand œuvre au processus long et épuisant, qui nécessite une somme d’expérience et de savoir-faire dans l’univers de l’air et du feu, avec l’éventualité de l’échec, même minime, qui ne peut être écarté. L’épisode technique de la coulée à son atelier révélait, je m’en souviens, une connivence extrême entre Jean-François Laurent et la matière. Jusqu’à l’étape ultime du processus d’oxydation et de patine qui donne enfin à la sculpture sa véritable carnation. Le sculpteur doit porter la pièce de bronze à sa plus pure expression, en ébarber les défauts et « l’habiller » d’une patine toujours discrète, car l’important, dit-il, est de « laisser la suprématie aux volumes« … Faire parler le vide et le plein, apprivoiser la lumière et l’ombre sur les ventres et les creux, mais ne jamais trop flatter l’épiderme du bronze au dépens du corps plein. La vérité se joue dans la masse. D’elle émanera la belle émotion et resplendira la sensualité du sculpteur.

Jean-François Laurent, La force, bronze, hauteur 35 cm.
Jean-François Laurent, Tête, bronze , 17×28 cm.
Jean-François Laurent, Silhouettes, bronze – hauteur 65 cm.
Jean-Charles Taillandier, La cité perdue
gravures et peinture marouflées sur toile, 100×103 cm, exemplaire unique

GALERIE D’IMAGES

Jean-Charles Taillandier, Gentilhomme des confins, gravure, dessin, collages – 100×100 cm
Jean-Charles Taillandier, Paysage bleu, gravure sur bois sur papier Japon, 110×80 cm, exemplaire unique.

GALERIE D’IMAGES

Merci de votre visite

Jean-Charles Taillandier, graveur / Jean-François Laurent, sculpteur