Cette page de blog présente une sélection de dessins qui furent des ébauches ou croquis rapides sur papier, attachés à des travaux graphiques déjà anciens. Par habitude, je les classe dans des cartons, quitte à les délaisser et les oublier. De dimension très modestes, ces croquis furent ici inspirés de sources iconographiques datées du seize ou dix-septième siècle. Ils côtoient en toute indépendance mes séries de gravures et dessins en cours de travail. Certains jouent sur des effets de superposition ou portent en mémoire des angles de repérages marqués au crayon de papier. D’autres gardent la trace d’une surcharge d’encre, délibérée ou accidentelle, qui s’est dispersée dans les fibres du papier.
13 – 12 – 3 – 4
16
J’ai choisi ce titre portraitsarchaïques parce que leurs sources mêmes sont hors d’âge, et hors de portée. À vrai dire, je ne sais plus trop quelles étaient précisément ces sources, liées à la série antérieure de dessins Portraits en Renaissance, ou une autre série qui m’accapara longtemps et qui deviendra une expérience d’estampe numérique ( voir Fake news en dentelles). Elle adviendra de ma découverte fortuite d’une collection de portraits du graveur hollandais Peter de Jode (1600-1630), rassemblés en un recueil par une main anonyme. Leurs fichiers numériques me furent confiés par la bibliothèque bmi d’Épinal-Golbey qui conserve cet ouvrage unique dans ses fonds précieux. J’ignore tout de ce que furent ces illustres personnages dans une époque très lointaine, mais sur ma feuille de papier légère et translucide, c’est un imaginaire qui s’invente.
Jean-Charles Taillandier 3- Le fil de laine (fragments), année 2025.
1- Les mains jointes
CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR
Jean-Charles Taillandier 1- Les mains jointes, année 2025. Haut : encre sur calque/fragments gravés/collage, 30×31 cm. Bas : encre sur papier Japon, 31×30 cm.
J’aurais pu intituler, par exemple, ce nouvel article « Traits épars », ou « Éloge de la main » en référence au beau texte d’Henri Focillon, mais j’ai préféré ce titre plus énigmatique « 2 x 6 : le dessin voit double » qui illustre cette démarche d’expérience graphique. Elle n’est toutefois pas nouvelle, je l’avais évoquée dans une précédente page de mes carnets de dessin en 2022 (pages de carnet- Éloge de la main). Soit donc un dessin de mains tracé au trait de plume à l’encre de Chine. Il est centre de gravité d’une présence humaine dont la silhouette est affirmée ou simplement ébauchée d’un trait ou d’une teinte dans l’évanescence de sa forme.
Ces mains portent témoignage d’une présence singulière d’un homme ou d’une femme qui furent photographiés aux alentours des années 1900. Chaque famille conserve sa boîte d’archives avec ces clichés jaunis aux bords dentelés, portraits d’aïeux d’un cercle familial ancien dont on ne sait plus rien, ou si peu. Les miens étaient laboureur, artisan ou couturière dans les villages du Val de Loire. L’amorce de mon dessin s’est donné pour principe de respecter l’aspect et la posture authentique de leurs mains qui furent l’outil fidèle pour façonner leur vie… une vie de mystère pour le spectateur lointain que je suis. J’ai alors comblé ce mystère par un imaginaire graphique qui remplit l’espace tout autour de ces mains.
2- Les mains caleuses
Jean-Charles Taillandier 2- Les mains caleuses, année 2025. Haut : encre sur calque/fragments gravés/collage, 30×29 cm. Bas : encre sur papier Japon, 30×31 cm.
Mon choix a porté sur six de ces photographies anciennes. Chacune d’elles m’a inspiré deux dessins distincts. Le premier est articulé sur le motif essentiel du positionnement des mains du modèle, représenté souvent en position assise et figée, propre aux clichés de ce temps. Les mains sont travaillées au trait à l’encre noire sur papier calque. Autour d’elles gravitera la composition entière sur la feuille de format moyen 30×30 cm, par essais de collage et superpositions de motifs graphiques.
Le second dessin s’inspirera du précédent. Il sera composé sur une feuille unique de fin papier blanc ou de couleur. En quelque sorte, ce sera une variation spontanée de l’idée initiale aboutie par le premier dessin.
3- Le fil de laine
Jean-Charles Taillandier 3- Le fil de laine, année 2025. Haut : encre sur calque/fragments gravés/collage, 31×31 cm. Bas : encre sur papier de Chine, 32×31 cm.
4- Sérénité
Jean-Charles Taillandier 4– Sérénité, année 2025. Haut : encre sur calque/fragments gravés/collage, 31×29 cm. Bas : encre sur papier de Chine, 28,5×29 cm.
5- Une paysanne
Jean-Charles Taillandier 5- Une paysanne, année 2025. Haut : encre sur calque/fragments gravés/collage, 37×29 cm. Bas : encre sur papier de Chine, 30×29,5cm.
6- L’écrin
Jean-Charles Taillandier 6- L’écrin, année 2025. Haut : encre sur calque/fragments gravés/collage, 30×28 cm. Bas : encre sur papier Japon, 29×25,5 cm.
Jean-Charles Taillandier – 1. Bonjour Monsieur Stella crayon, encre et collages sur papiers, format 30×30 cm
J’ai consacré mon article précédent à la conception de ma nouvelle série gravée “Clins d’œil à Jacques Callot“. Elle aboutira à la présentation de douze gravures sur vinyl dont j’aborde actuellement le tirage : longue étape finale en deux, voire trois couleurs, avec obligation d’attente d’un long temps de séchage des encres entre chaque passage… Ce qui me conduira au clap de fin vers mi-novembre.
Une phase d’attente, donc pour moi à l’atelier, que j’ai mis à profit en classant certains de mes cartons à dessin, faisant alors germer l’intention de ce présent article. Rien de nouveau, à vrai dire, pour mes lecteurs qui suivent de gravures en dessins, mes interrogations sur le mystère des images de l’art, au gré de mes découvertes et de mes envies. Un lien invisible alors peut se tisser entre mon propre regard contemporain et l’œuvre d’un créateur lointain, dans un dialogue sans enjeu, sinon celui de se questionner l’un l’autre . Mon imaginaire y pourvoie au risque d’anachronisme ou de mensonge, mais peut importe après tout car la chaîne de l’émotion n’est pas rompue, et l’image continue à vivre sous d’autres cieux et d’autres récits. D’où mon attrait à découvrir dans les collections des musées ou les bibliothèques publiques des portraits d’hommes et femmes oubliés de notre temps dont une main artiste nous a légué les traits et le regard. Affaire donc de regard, de mensonge et de réappropriation qui sert de réceptacle à ma propre respiration. Chaque rencontre inattendue est une nouvelle expérience d’expression graphique avec les outils du dessinateur et du graveur, comme l’est mon cheminement en cours avec douze figures gravées par Jacques Callot de la série « Clins d’œil à Jacques Callot« , ou le fut auparavant encore ma « relecture » de portraits vénérés de papes dans l’histoire avec mes « portraits d’Outre temps« .
Un de mes cartons rassemble des dessins inspirés des collections du musée départemental Georges de la Tour de Vic-sur-Seille. Admirateur de ce grand peintre lorrain, j’y avait déjà consacré en 2014 une série gravée sur bois intitulée « Rouge est la couleur du mystère« . Le musée, placé sous la figure tutélaire de son Saint Jean Baptiste dans le désert, rassemble aussi, du fait de ses donations et acquisitions, nombre d’œuvres d’horizons variés de l’histoire de l’art. Parmi elles, beaucoup d’œuvres portent » une réelle attention aux êtres, une forme de pudeur »(*) nous mettant en relation avec une intimité de la peinture; et aussi avec de nombreux visages qui ont perdu depuis des siècles toute identité. Des toiles d’anonymes surgies de l’ombre renaissent sous une lumière nouvelle. Parmi les peintures qui ont particulièrement éveillé mon plaisir et ma curiosité au hasard des salles d’exposition, je retiens ici deux œuvres qui ont suscité mes exercices de dessin.
Jacques Stella, autoportrait avec sa mère.
Il émane de ce double portrait un sentiment d’intimité et de grande proximité mutuelle. C’est dans doute le seul portrait de la mère de l’artiste que le temps nous ait légué, sans évoquer de plus le destin chaotique de cette œuvre : le catalogue nous apprend que la peinture, longtemps attribuée à Nicolas Poussin, fut sans doute sauvée de l’oubli par sa redécouverte, sans cadre et sans catalogue à une vente à l’hôtel Drouot en 1957. huile sur toile, 65×55 cm, vers 1635. Inv. MV 1999. 1. 1
Jean-Charles Taillandier – 2. Bonjour Monsieur Stella crayon, encre et collages sur papiers, format 30×30 cm
Jean-Charles Taillandier – 3. Bonjour Monsieur Stella crayon, encre et collages sur papiers, format 40×50 cm
Jean-Charles Taillandier – 4. Bonjour Monsieur Stella crayon, encre et collages sur papiers, format 30x32cm
Jean-Charles Taillandier – 5. Bonjour Monsieur Stella encre et collages sur papiers, format 30×30 cm
Jean-Charles Taillandier – 6. Bonjour Monsieur Stella encre et collages sur papiers, format 30×30 cm
Jean-Charles Taillandier – 7, 8 et 9. Bonjour Monsieur Stella encre, acrylique et collages sur papiers, format 30×30 cm (7 et 8) et 34×34 cm (9) Cliquer sur l’image.Jean-Charles Taillandier – 9 et 10. Bonjour Monsieur Stella encre sur papier japon, format 85×55 cm / 60×22 cm.
Anonyme, la dame à la mante noire.
Je recherchais dans mes dessins la spontanéité du trait et l’évanescence de la figure, dans la fragilité d’un papier qui retient quelques traces d’encre, à la façon d’un trait de mémoire fugace. Cette seconde peinture se prêtait bien à cet exercice graphique. Dans un décor très sobre, la dame a le regard perdu dans ses souvenirs. Est-il celui d’un univers distingué du dix-huitième siècle, dans un salon parisien ? Mais nous n’en saurons pas plus car cette femme n’est pas identifiée, et la peinture n’est signée, ni datée. C’est une énigme que nous donnent à voir les cimaises du musée. Huile sur toile, 81,5x 64 cm, XVIIIe siècle. Inv. MV 1999.1.13
Jean-Charles Taillandier – 1. Inconnue à la mante noire encre et collages sur papiers, format 40×50 cm.
Jean-Charles Taillandier – 2. Inconnue à la mante noire encre sur papier préparé, format 12×12 cm.
Jean-Charles Taillandier – 3. Inconnue à la mante noire encre et collages sur papiers, format 40×50 cm.
Jean-Charles Taillandier – 4 et 5. Inconnue à la mante noire encre et collages sur papiers, format 30×30 cm. Cliquer sur l’image.
Jean-Charles Taillandier – 6. Inconnue à la mante noire encre et collages sur papiers, format 30×30 cm.
Jean-Charles Taillandier – 7. Inconnue à la mante noire encre et collages sur papiers, format 30×30 cm.
(*) voir Catalogue des peintures, Musée départemental Georges de la Tour, éditions Serge Domini.
Musée départemental Georges de la Tour Place Jeanne d’Arc – 57630 Vic-sur-Seille Tel 03 87 78 05 30
Jean-Charles Taillandier – Racines 4 dessin, encre de Chine et collages sur Japon, format 22 x 22 cm.
Jean-Charles Taillandier – Racines 2 dessin, encre de Chine et collages sur Japon, format 23 x 23 cm.
Jean-Charles Taillandier – Racines 7 dessin, encre de Chine et collages sur Japon, format 22,5 x 22,5 cm.
Jean-Charles Taillandier – Racines 5 dessin, encre de Chine et collages sur Japon, format 22 x 22 cm.
Je présente dans cette page une sélection ancienne de quelques dessins réalisés à l’encre de Chine, plume et pinceau sur un fin papier oriental choisi pour sa finesse et son caractère diaphane. Ces dessins ont été inspirés de souvenirs personnels, ou suscités par la découverte d’archives photographiques que chaque famille conserve peu ou prou dans une vieille boite en fer blanc. Ils sont les bribes d’une mémoire qui resurgit à fleur de papier, d’une jeunesse vécue dans un village d’Anjou au sein d’une famille ouvrière, sur une terre d’aïeux dévoués pendant des générations successives à la culture des champs et l’élevage à la ferme. Ils sont fragments ténus d’une réalité et fantasmés sans aucun doute… Peu importe après tout ce dont se nourrit le trait de plume dans l’acte sensuel et spontané du dessin.
Jean-Charles Taillandier – Racines 9 / 6 dessins, encre de Chine et collages sur Japon, format 23 x 22,5 / 21 x 21 cm.
Jean-Charles Taillandier – Racines 1 dessin, encre de Chine et collages sur Japon, format 21 x 21 cm.
Jean-Charles Taillandier – Racines 3 dessin, encre de Chine et collages sur Japon, format 23 x 23 cm.
Jean-Charles Taillandier – Racines 10 dessin, encre de Chine et collages sur Japon, format 22 x 22 cm.
Jean-Charles Taillandier – Racines 8 dessin, encre de Chine et collages sur Japon, format 23 x 22,5 cm.
Le coffret comprend dix dessins à l’encre de Chine sur papier Japon, de format moyen 24×24 cm, intégrant au besoin superpositions, collages ou extraits gravés par l’artiste. L’auteur donne à voir dans ces dessins des réminiscences de ses souvenirs d’enfance et de ses racines ancestrales et familiales. Le coffret a été réalisé avec la collaboration de Atelier 4 Reliure, Jarville-la-Malgrange. Dimensions externes du coffret : 35 x 52 x 3,5 cm.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 11 états gravés et collages sur Japon, format 24,5 x 24,5 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 8 états gravés et collages sur Japon, format 23,5 x 29 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 9 états gravés et collages sur Japon, format 24 x 24 cm. exemplaire unique.
Douze variations sur papier composent ce coffret GUERRIERS. Elles sont issues d’une expérience graphique qui a pour origine trois portraits originaux gravés sur cuivre à l’eau-forte et aquatinte, de format moyen 33×24 cm. Chaque variation est ici unique, indépendante de tout tirage numéroté conventionnel. Les planches ont été soumises à des expériences diverses d’encrage en creux ou en relief sur différents papiers, si bien que je disposais à la longue d’une « matière première » que je travaillais à ma guise par esquisse, collage ou déchirures partielles. C’est une méthode qui prête une image en gestation à une part d’aléatoire et de jeu, d’où peut surgir l’inattendu.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 3 états gravés et collages sur Japon, format 23,5 x 29,5 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 5 et 4 états gravés et collages sur Japon, chacun format 24,5 x 25,5 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 1 pastel, peinture et collages sur état gravé , format 26 x 35 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 2 pastel, peinture et collages sur état gravé , format 25 x 33 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 6 états gravés et collages sur Japon, format 25,5 x 25 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 12 états gravés et collages sur Japon, format 24 x 32 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 7 pastel et crayon surétat gravé , format 24 x 33 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Guerriers 10 état gravé avec collages , format 23 x 30 cm. exemplaire unique.
Douze variations sur papier composent ce coffret GUERRIERS. Chaque variationest unique, de format moyen 33×24 cm, sous forme d’esquisse effectuée sur état gravé ou fragments collés. Le coffret a été réalisé avec la collaboration de Atelier 4 Reliure, Jarville-la-Malgrange. Dimensions externes du coffret : 35 x 52 x 3,5 cm.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 2 crayon et fusain sur état gravé, format 23 x 28,5 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 1 crayon, encre et fusain sur état gravé, format 24 x 32 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 3 crayon, collage et fusain sur état gravé, format 24 x 32 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 6 crayon et collage sur état gravé, format 23 x 28,5 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 7 collage sur état gravé, format 25 x 25 cm. exemplaire unique.
Ce coffret rassemble onze variations à exemplaire unique sur la thématique du portrait. Elles ont pour base de travail des états de tirage de plusieurs portraits gravés sur cuivre à l’eau-forte et aquatinte, d’un format moyen de 30×24 cm. Chacune de ces variations trouve prétexte à projet de portrait imaginaire, avec recours au crayon, encre, collages ou déchirures sur la base d’une surface encore informelle .
Jean-Charles Taillandier En vis à vis : (G) plaque de cuivre gravée pour Guerrier 3, format 23 x 29,5 cm. (D) : plaque de cuivre gravée pour Figures Humaines 3, format 23 x 28,5 cm
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 4 crayon et fusain sur état gravé, format 24 x 32,5 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 5 crayon, fusain et encre sur état gravé, format 24 x 28,5 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 9 collage sur état gravé, format 22 x 22 cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 10 collage sur état gravé, format 23,5 x 29cm. exemplaire unique.
Jean-Charles Taillandier – Figures Humaines 11 collage sur états gravés, format 26 x 29,5 cm. exemplaire unique.
Onze variations sur papier composent ce coffret FIGURES HUMAINES. Chaque variationest unique, de format moyen 24 x 30 cm, sous forme d’esquisse et collages sur états gravés. Le coffret a été réalisé avec la collaboration de Atelier 4 Reliure, Jarville-la-Malgrange. Dimensions externes du coffret : 35 x 52 x 3,5 cm.